Le cyclisme virtuel, d’une stratégie d’entraînement à une pratique esport
Vous êtes peut-être vous-même pratiquant.e de l’e-cycling, ou vous venez juste d’apprendre que ce qu’on peut appeler communément le « vélo d’appartement » est une pratique sportive à part entière ? Dans tous les cas, reprenons les bases !
Le cyclisme virtuel, c’est quoi ?
Vous connaissez toutes et tous le vélo d’appartement classique qu’on finit par laisser dans un coin pendant 2 ans avant de le vendre ? Et si, au lieu de le vendre, vous deveniez accro à votre vélo, parcouriez des kilomètres à n’en plus finir, pédalant à travers les mondes tout en faisant de nouvelles rencontres ? Ça donne envie n’est-ce pas ?
Le cyclisme virtuel, c’est un peu ça. On monte sur un home-trainer, sauf que celui-ci est connecté ! On peut mettre un écran en face qui permet de voir son avatar sur la ligne de départ aux côtés des autres coureurs. Un tchat permet de communiquer avec le groupe. On peut aussi s’entraîner seul si on préfère, pédaler librement ou sur une course spécifique. De nombreux parcours et challenges sont proposés.
Pour se rapprocher au maximum du cyclisme sur route, le home-trainer ajuste automatiquement la résistance en fonction du parcours dans le monde virtuel, mais également en fonction de la taille et du poids du.de la cycliste, ou encore de sa présence ou non dans un peloton.
Plus qu’un entraînement
Le home-trainer a longtemps été utilisé par les cyclistes et notamment les athlètes pour continuer leurs entraînements en hiver. Mais avec l’apparition des applications telles que Zwift, Rouvy, MyWoosh ou encore Kinomap, la pratique s’est largement popularisée. En 2025, Zwift compte plus d’un million d’inscrits actifs !
Les applications permettent notamment de se connecter avec des personnes à travers le monde. Au lieu d’être seul.e sur son vélo, on peut maintenant discuter, partager son entrainement avec des ami.e.s ou avec des inconnu.e.s dans un même groupe d’entraînement. D’autant que les groupes sont réparties par catégorie, en fonction des capacités de chacun.e, afin que tout le monde reste ensemble tout au long de la course.
La dimension sociale de l’e-cycling est très importante. L’application MyWoosh mise beaucoup dessus et va encore plus loin en proposant des sessions coachées en petits groupes par exemple. Parfois, un cycliste pro sponsorisé par l’application participe à la session d’entraînement.
Pour maximiser l’attrait de l’application, MyWoosh propose même des entraînements d’athlètes, comme ceux écrits pour Tadej Pogačar par son coach !
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Top départ !
En plus de cette dimension sociale, le côté compétitif est mis en avant. De nombreuses courses officielles sont organisées sur les différentes applications. La FFC (Fédération Française de Cyclisme) organise même la Coupe de France et les Championnats de France e-cycling avec l’application Zwift. Les championnats de France sont retransmis sur Vélo+ TV. De son côté, l’UCI (Union Cycliste Internationale) organise les championnats du monde cyclisme esport, cette fois avec MyWoosh. Les compétitions se font pour la plupart en distanciel, et les finales en présentiel.
De nombreux.ses cyclistes participent à des courses dans l’optique de se faire repérer et passer pro en cyclisme sur route. L’e-cycling peut parfois être considéré comme un tremplin pour le cyclisme. Mais il existe également des pro de cyclisme esport qui gagnent leurs vies en tant qu’athlètes pro de cette discipline à part entière.
Zwift va encore plus loin dans l’aspect compétitif en lançant la Zwift Academy en 2016. La Zwift Academy sélectionne une centaine de cyclistes partout dans le monde. Pendant 10 semaines ils se challengent sur Zwift, depuis chez eux, en réalisant plusieurs courses et entraînements. Les 10 meilleurs habituellement mais seulement 8 sur la dernière saison (4 hommes et 4 femmes) sont sélectionnés pour les finales où ils se retrouvent en présentiel. Les finales sont mises en avant à la manière d’un télé-crochet avec des éliminations au fur et à mesure des épisodes jusqu’à ce que les gagnants (1 homme et 1 femme) soient désignés. Ils ont ensuite l’opportunité de rejoindre une équipe pro du WorldTour. De quoi donner envie de suivre la compétition et le chemin suivi ensuite par les cyclistes dans leur carrière, comme celle de Jay Vine par exemple, gagnant de la Zwift Academy 2020 !
Une pratique gamifiée pour rentrer dans les codes de l’esport
L’appartenance de l’e-cycling au monde de l’esport a pu être critiquée, mais aujourd’hui ça ne fait plus aucun doute ! L’expérience du jeu dans les différentes applications a d’ailleurs été largement gamifiée. Le.a cycliste peut gagner de l’XP (points d’expériences) et de l’argent virtuel en faisant des challenges ou au moment de passer la ligne d’arrivée d’une course par exemple, lui permettant ensuite de gagner des bonus immédiats ou d’acheter des vélos et du matériel pour son avatar dans le jeu.
Pour avoir une meilleure immersion des cyclistes et coller encore un peu plus à l’univers des jeux vidéo, certaines plateformes comme Zwift propose des crit game où le cycliste pilote réellement son vélo. Il choisit sa trajectoire, peut doubler, négocier ses virages, etc, grâce à un appareil de pilotage. Aux Zwift Games 2026, un nouveau format « Crit Cade Steering Race », une course fortement gamifiée, a été inaugurée !
Alors quel est l’avenir du cyclisme esport ? Le retrouvera-t-on un jour à l’Esport World Cup ? Ou pouvons-nous espérer voir cette discipline dans de futurs Olympics Esport Series si le projet reprend vie ?






